* Rêveurs et mangeurs de papier *

* Rêveurs et mangeurs de papier *

Orphelins 88 de Sarah Cohen-Scali

 

 

 

 

Roman Historique

432 pages

Parution : le 20 septembre 2018

Editions ROBERT LAFFONT

COLLECTION R

 

 

 

 

Synopsis :

 

Munich, juillet 1945.
Un garçon erre parmi les décombres...

Qui est-il ? Quel âge a-t-il ? D'où vient-il ?

 

Il n'en sait rien. Il a oublié jusqu'à son nom. Les Alliés le baptisent " Josh " et l'envoient dans un orphelinat où Ida, directrice dévouée, et Wally, jeune soldat noir américain en butte au racisme de ses supérieurs, vont l'aider à lever le voile de son amnésie.
Dans une Europe libérée mais toujours à feu et à sang, Josh et les nombreux autres orphelins de la guerre devront panser leurs blessures tout en empruntant le douloureux chemin des migrants.
Si ces adolescents sont des survivants, ils sont avant tout vivants, animés d'un espoir farouche et d'une intense rage de vivre.


Un roman saisissant qui éclaire un pan méconnu de l'après- Seconde Guerre mondiale et les drames liés au programme eugéniste des nazis, le Lebensborn.

 

 

 

 

L'avis de *S* 28 ans, rêveuse et mangeuse de papier

 

 

Josh est un enfant d’environ douze ans qui a survécu à la guerre. Il ne sait pas qui il est. Il se rappelle bien l’Orphelinat mais la guerre lui a arraché le reste de ses souvenirs. Il ne sait même pas d’où vient le tatouage sur son bras gauche. Josh est-il allemand? polonais? juif? Recueilli dans un centre pour orphelins à Indersdorf, le garçon tente de se reconstruire...

 
Ce roman nous parle de l’après-guerre mais surtout des orphelins de la guerre qui ont été confrontés à la cruauté humaine, à l’horreur. L’auteure a choisi ici de s’attarder sur les conséquences de ces sombres événements. On parle des mesures qui ont été mises en place pour ces orphelins. On parle de leur état de santé, de leurs traumatismes. On parle de leur histoire et de ce qui les attend désormais. C’est l’heure de la reconstruction et on tourne les pages le cœur serré, totalement immergé en 1945. C’en est bouleversant. 
 
Josh reste au cœur de ce récit. C’est un garçon un peu perdu qui n’arrive pas à trouver sa place. Il partage ses peurs, ses doutes, sa rage aussi. On sent cette envie de savoir qui il est et on s’implique tout autant que lui dans cette quête. Celle-ci est difficile, éprouvante mais on s’accroche. Qu’a t-on fait de ce garçon? 
 
Grâce à des petits déclencheurs, les souvenirs de Josh se manifestent peu à peu. On prend alors conscience de ce qu’il a vécu, de ce que ces enfants ont vécu, et c’est terrible. Heureusement, notre lecture s’illumine par moments et nous redonne espoir. En particulier lorsque nous sommes en présence de personnages qui guident notre héros. Des personnages bienveillants auxquels on ne manque pas de s’attacher, comme Ida, infirmière généreuse et dévouée ou encore Willy, soldat américain.
 
Verdict : On parle peu de l’après-guerre et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en commençant cette lecture. Le contexte est plus sombre qu’on pourrait l’imaginer. Sarah Cohen-Scali nous parle de ces enfants qui ont tout perdus pendant la guerre. Elle nous présente Josh, un jeune héros touchant qui a besoin de se réapproprier son histoire. Le récit est fort, percutant, sensible et instructif. Tout le monde devrait prendre le temps de lire ces pages, juste pour prendre conscience de ce qui est arrivé. 

 

 

 

 

 

 

 

"... L'autre jour, une infirmière m'a prêté un livre. Un livre entier. Pas seulement quelques pages arrachées et conservées en secret. Je déteste les camions et j'aime les livres. Allez savoir pourquoi... C'est comme ça. Les camions me font peur, les livres m'apaisent, me font rêver. J'ai faim de mots presque autant que de nourriture... "

 

 

 

 

 

 

 

 

"... Le ciel a un sacré avantage sur la terre. Malgré les combats, les avions qui se sont affrontés durant six années, les explosions de feu qui l'ont embrasé, il ne garde aucune trace de ces anges exterminateurs qui l'ont envahi et demeure le même, indestructible. Un coup d'éponge et plus rien, comme sur un tableau noir... "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"... Sur deux cents enfants, les trois quarts sont juifs, et ce sont autant d'histoires différentes - ou similaire dans leurs horreurs... "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" - Qu'est ce que ce salaud de SS a pu lui faire vivre pour qu'il soit dans cet état?

- L'enfer, répond Halina d'une voix calme. Ils nous ont tous fait vivre l'enfer... "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"... On dirait que la paix, c'est le temps du recyclage. Recyclage des matières premières. Des enfants, aussi? L'adoption, l'immigration, c'est un peu ça, non?"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Disponible en librairie.



02/11/2018
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